Cyanobactéries et cyanotoxines dans l’eau

Au cours de la dernière décennie, les proliférations de cyanobactéries sont devenues un problème important dans le secteur de l’eau et des eaux usées. Tory Colling, scientifique, explique ce que les professionnels de l’eau doivent savoir sur les cyanobactéries et les cyanotoxines dans l’eau :

1. Que sont les cyanotoxines ?
Les cyanotoxines sont produites par certaines espèces de cyanobactéries, communément appelées algues bleues. Ces toxines sont généralement stockées à l’intérieur des cellules, mais lorsque les cellules de cyanobactéries se dégradent, les toxines sont libérées.

Les cyanobactéries sont des bactéries microscopiques qui présentent certaines caractéristiques végétales. Elles sont communément appelées “proliférations d’algues” dans les médias.

2. Où les trouve-t-on ?
Les cyanobactéries sont naturellement présentes dans l’eau douce. En effet, ils contribuent à l’oxygène de notre atmosphère. Lorsque les conditions sont favorables, telles que des températures chaudes et des eaux stagnantes, peu profondes et riches en nutriments, les cyanobactéries peuvent former des efflorescences. Les efflorescences de cyanobactéries sont constituées de cellules densément peuplées qui forment une eau décolorée, souvent décrite comme de la soupe aux pois ou de la peinture renversée à l’aspect huileux.

Certaines cyanobactéries peuvent produire des sous-produits, appelés cyanotoxines. Lorsque ces cellules de cyanobactéries forment une efflorescence, de grandes quantités de cyanotoxines peuvent être détectées.

3. Quelles sont les préoccupations en matière de santé ?
Les problèmes de santé peuvent aller des toxines hépatiques aux neurotoxines, en passant par les effets promoteurs de tumeurs ou l’irritation de la peau. Il existe différents types de cyanotoxines et chaque type pose des problèmes de santé différents. La cyanotoxine la plus courante est la microcystine. La microcystine est une toxine hépatique qui peut favoriser l’apparition de tumeurs.

4. Quelles sont les stratégies de lutte contre les cyanotoxines ?
La réduction des apports de nutriments dans les sources d’eau ou la gestion efficace des réservoirs/bassins versants sont des stratégies à long terme pour lutter contre les cyanobactéries et les cyanotoxines.

5. Comment peut-on éliminer les cyanotoxines de l’eau potable ?
Pour les systèmes municipaux plus importants, la combinaison de processus de traitement de l’eau potable efficacement exploités peut fournir une barrière multiple pour éliminer les cellules intactes ou les cyanotoxines libérées. Certains procédés de traitement de l’eau potable, tels que la coagulation, la floculation et la sédimentation ou la flottation, sont capables d’éliminer les cellules intactes de cyanobactéries. D’autres procédés de traitement de l’eau potable, tels que la chloration ou l’ozonation, sont capables de dégrader les cyanotoxines libérées, à condition que la concentration de désinfectant et le temps de contact avec le désinfectant soient suffisants.

Certains systèmes de distribution d’eau potable très petits ou privés peuvent ne compter que sur des unités de traitement de l’eau potable au point d’entrée (POE). Si ces systèmes privés de distribution d’eau potable soupçonnent la présence d’une fleur d’eau dans l’approvisionnement en eau, il est recommandé de contacter le service de santé local et d’utiliser une autre source d’eau. Très peu d’unités de traitement des PDE sont certifiées pour éliminer spécifiquement les cyanotoxines. Toutefois, en 2019, la National Sanitation Foundation (NSF)/American National Standards Institute (ANSI) a mis à jour la norme 53 de la NSF/ANSI afin d’inclure un protocole de test des filtres à charbon actif pour réduire les microcystines.

Pour en savoir plus sur les cyanobactéries et les cyanotoxines, consultez la bibliothèque de ressources sur l’eau potable du WCWC ou contactez le service d’assistance téléphonique du WCWC à l’adresse helpline@wcwc.ca ou au numéro 1-855-306-1155.